Récit couvrant une période de trois années dans la vie de Daniel MATHIEU, face à l'ultimatum d'une rare maladie incurable (cholangite sclérosante primitive). Dès le diagnostic tombé, survient le rappel de mettre de l'ordre dans sa vie avant qu'il ne soit trop tard : quelques mois tout au plus ! Entre les symptômes qui s'accélèrent, les malaises qui s'enchaînent, les examens qui se suivent, les traitements aux effets incertains et la transplantation éventuelle du foie, le chronomètre décompte l'approche d'une échéance prochaine et définitive. Une course abracadabrante d'espoir, d'avenues improbables, de questionnements, de la médecine, du miracle tant espéré et de ses conséquences insoupçonnées.

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lundi 6 mars 2017

LA GRÂCE LA PLUS FÉROCE...

... DANS LA PRÉSENCE AU SEIN DE LA DOULEUR




Je viens de lire dans Jeff Foster « Tomber amoureux de ce qui est », éditions Almora 2016, page 84 :

« Je parlais à un ami agonisant. Il avait du mal à respirer et souffrait beaucoup. Il me disait comment, en dépit de la douleur, tout cela était parfait d’une certaine manière, d’une façon qu’il ne pouvait pas expliquer. Qu’au milieu du sang, des nuits sans sommeil et de l’immobilité, il avait trouvé un lieu de sérénité. Un lieu où il était libre d’être « celui qui mourait ». Un lieu où il était libéré de tous les rêves, de tous les espoirs d’avenir, un lieu où il y avait une acceptation profonde des choses telles qu’elles étaient.

La vie s’était radicalement simplifiée – le moment était tout ce qui comptait maintenant, et tout ce qui avait jamais compté. Il me dit : « En dépit de tout ceci, je n’échangerais pas cette vie pour une autre. »

C’est une sorte d’amour qu’on n’enseigne pas dans les livres. Ce n’était pas l’amour conceptuel imaginé par le mental, ni l’heureux amour molletonné qui va et vient et dépend du fait que les choses aillent « à ma manière », mais un amour inconditionnel, un amour de sueur et de sang, une grâce féroce n’accordant rien, sans nom, indestructible, à jamais se renouvelant elle-même dans la fournaise de la présence, qui faisait exploser tout ce qui était irréel en mille morceaux. La douleur était le gourou final de mon ami, dont les leçons étaient brutales et inattendues mais qui pointaient en définitive vers rien de moins que sa liberté spirituelle totale, sa nature infinie, immortelle et éternelle. »

Avec le sang en moins, j’ai vécu cela. 
J’ai la chance d’avoir survécu et d’en garder conscience.
Et surtout de m’en souvenir à chaque instant de chaque jour…
Mon regard sur la vie a changé.
Sur le réel et l’imaginaire (illusion) aussi.

Et sur ce qui importe vraiment.


CRÉDIT PHOTO : O.M. LURTON

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